Le ministre l’annonce :
publication imminente de son décret de réécriture des décrets du 25 mai 1950
Abrogation du décret de Robien !
Le décret serait publié le 9 février
Une dépêche de l’AFP datée du 6 février annonce :
« Le décret allongeant le temps de travail de certains enseignants de collèges et lycées et instaurant une possible bivalence, (enseignement de deux matières) au collège « devrait être publié vendredi », a assuré le ministère de l’éducation à l’AFP. (…) Interrogé sur la coïncidence des dates, l’entourage de Gilles de Robien a expliqué à l’AFP : « Il est possible de repousser la publication du décret, mais ce n’est pas dans l’intention du ministre. »
Le ministre choisit la provocation : il choisit le lendemain de la grève du 8 février pour publier son décret.
Le 18 décembre 200 000 grévistes dans l’unité
pour le retrait du projet de décret de Robien
Le 18 décembre dernier, à l’appel de 14 organisations syndicales (CNGA, FEP-CFDT, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC-CSEN, SNEP-FSU, SNES-FSU, SNETAA EIL, SNFOLC, SNPEFP-CGT, SUD, SNUEP-FSU, SUD-EDUCATION, SUNDEP, UNSEN-CGT), 200 000 enseignants se sont mis en grève nationale dans l’unité pour dire qu’ils ne voulaient pas de ce décret, qu’ils en exigeaient le retrait.
Cette exigence demeure d’une totale actualité, elle est unanime.
Nos revendications sont claires
Nous ne voulons pas travailler plus en gagnant moins. 1500 euros de moins par an par heure de décharge statutaire supprimée, personne ne peut accepter cela.
Nous ne voulons pas de la polyvalence
Nous ne voulons pas de la généralisation des affectations à cheval sur 2 ou 3 établissements
Nos ne voulons pas des suppressions de postes et d’heures
Défendons notre statut national, nos salaires, nos postes
Les attaques contre le statut national, les suppressions de postes (5500 en 2007, 27 000 depuis 2003), la perte du pouvoir d’achat du fait du blocage des salaires dans la Fonction Publique (20% en 20 ans selon un rapport paru dans le Monde du 14 janvier), la dégradation de nos conditions de travail, cela suffit !
Nous voulons enseigner et les conditions pour pouvoir le faire!
Nous voulons que notre qualification soit respectée: professeur dans une (des) discipline(s) dans laquelle nous avons été recrutés. Les décrets de 1950 (de 1992 pour les PLP) doivent donc être maintenus :
- maintien de la définition des obligations de service en maxima hebdomadaires d’heures d’enseignement dans la (les) discipline(s) de recrutement,
- maintien de toutes les décharges statutaires (première chaire, heures de labo, cabinet d’histoire et géographie), du forfait UNSS et des pondérations de services (BTS, CPGE)
- maintien de la nomination sur un poste correspondant à sa discipline
Depuis des semaines le ministre applique par anticipation son décret : les recteurs préparent la rentrée sur la base des suppressions de postes qui en découlent. Elles sont en train d’être annoncées dans les établissements.
Action commune à tous les niveaux
pour l’abrogation du décret de Robien,
pour nos revendications précises
Dans les établissements, assemblées générales avec les organisations syndicales.
Une même exigence partout : abrogation du décret de Robien, maintien de chaque heure, de chaque poste supprimé dans l’établissement, aucune suppression !
Adressons-nous à tous les parents
Les revendications des enseignants sont aussi celles des parents.
C’est ce qu’exprime par exemple l’assemblée générale des enseignants du Lycée Flora TRISTAN de Noisy-le-Grand (93) avec les organisations syndicales (SNES, SNFOLC, SUD, SGEN, SNALC) qui a décidé de convoquer une assemblée parents-professeurs :
« Dans ces conditions, notre assemblée générale réaffirme l’exigence de retrait du décret ministériel et de ses conséquences.(…) Dans notre établissement, nous venons d’apprendre qu’en application du décret de Robien (non encore publié !) il est prévu pour la rentrée prochaine :
Suppression d’une classe de seconde, alors que nous luttons depuis plusieurs années, avec vous, pour limiter à 30 l’effectif des secondes et que l’engagement avait été pris par le recteur de limiter l’effectif des secondes à 32 ;
Suppression de 102 heures de la dotation horaire pour la rentrée 2007. (…)
L’assemblée générale a également décidé la grève pour le 9 février afin notamment d’aller ensemble, parents et enseignants, au rectorat de Créteil (…) »
Comment des professeurs pourraient-ils être efficaces et respectés en enseignant dans une discipline pour laquelle ils ne sont pas formés ? Comment préparer les élèves à des diplômes en assurant des « actions d’éducation et de formation » autres que l’enseignement ?
Comment préparer les élèves aux examens, avec une heure, voire deux heures d’enseignement en plus à assurer du fait des suppressions de décharges statutaires ? C’est autant de temps en moins pour préparer ses cours et corriger les copies. Comment développer le sport scolaire en supprimant des centaines de forfaits UNSS (266 à Versailles, 198 à Créteil, …).
Le décret de Robien n’est qu’une première étape : des audits de prétendue « modernisation » commandités par Bercy (collèges, lycées, lycées professionnels) parus en octobre et décembre derniers, préconisent des coupes claires dans les horaires d’enseignement dus aux élèves !
Pour la manifestation nationale dans l‘unité au ministère
pour exiger l’abrogation du décret de Robien
Pour faire reculer le ministre, pour obtenir l’abrogation du décret, c’est le rapport de force, la mobilisation nationale tous ensemble qu’il faut.
Alors n’est-il pas temps de préparer dans l’unité d’action de toutes les organisations syndicales la manifestation nationale avec grève au ministère, comme en 2000 contre le projet de statut Allègre annualisant le service des professeurs de lycées professionnels ?
C’est ce que le SNFOLC propose à la discussion des personnels et de toutes les organisations syndicales à tous les niveaux.